Le Messie au Juillet de Saint-Hubert

Le lendemain, la collégiale Saint-Monon, à Nassogne, accueillait d'autres musiciens luxembourgeois: la chorale Saint-Miche1 et l'ensemble Les Musiciens interprétèrent Le Messie de Haendel, l'un des sommets de la musique sacrée occidentale, au même titre que les Passions de Bach, le Requiem de Mozart, La Création de Haydn, la Solemnis de Beethoven.
Gerry Welter dirigea l'œuvre avec un sens évident de la pratique de la musique baroque, que ce soit dans le choix de l'articulation, la précision implacable des accents, et la dynamique générale du tempo. Ses musiciens et ses choristes témoignent d'une homogénéité parfaite, tant au niveau de la technique musicale qu'à celui de l'esthétique. C'est le résultat d'un travail très sérieux, conduit avec compétence. On a pu apprécier la justesse et la sûreté des vocalises du chœur, ainsi que le grand talent de la violoncelliste Françoise Groben, qui avait la périlleuse mission de réaliser le continuo.
Tantôt transparents et lumineux, tantôt nobles ou aériens, les chœurs traduisirent avec chaleur les idées clés de cette « confession musicale la plus sublime de l'Occident », comme Mozart se plaisait à qualifier Le Messie. L'édification, l'apaisement et la joie du croyant sont au centre de l'œuvre. Les solistes mirent toute leur ferveur à transmettre ces multiples états d’âme: l'émouvante soprano Carmen Welter-Jander, la poignante alto Marie-Jeanne Klein, la majestueuse basse Christfried Biebrach, et le ténor Camille Kerger, qui ne fut pas toujours à la hauteur de ses collègues.
Au total, un week-end, suivi par un public très nombreux, et qui situe le niveau de qualité auquel se place le Juillet musical de Saint-Hubert, fidèle depuis trente et un ans à sa vocation de professionnalisme musical.
CHARLES PHILIPPON.
extrait du journal Le Soir du 13 juillet 1988